Les intendants, ces hommes de l’ombre forcément passionnés…

Vu de l’extérieur, être intendant de l’ESSM, est une fonction qui fait des envieux. Etre près des pros, voyager, voir des belles salles, du pays comme on dit, etc. Dans la réalité, c’est bien plus complexe. Surtout quand on le fait depuis longtemps et que le poids des ans commence gentiment à se faire sentir. A l’ESSM, après le départ de Pierre Wallet, ils sont trois intendants : Didier Pincet, le p‘tit nouveau, Dominique Libert, un vieux de la vielle de la maison verte et blanche dont le père fut président, et Didier Leuliet, ex-Officier de Police judiciaire, en fonction depuis huit ans et avec qui on dresse le portrait de l’intendant qui ne compte pas ses heures, ni ne ménage sa peine…

Didier, comment es-tu devenu intendant de l’équipe pro ?

C’est Pascal Jullien qui m’avait approché. J’étais jeune retraité (55 ans). J’ai toujours aimé l’ESSM, plus que le basket lui-même du reste. Voilà comment ça s’est fait. J’ai dit banco. 

Huit ans et des centaines de matchs plus loin, as-tu encore la même fibre ?

La fibre, oui. De toute manière, si tu n’es pas passionné, tu ne peux pas être intendant.

Comment définirais-tu la fonction d’intendant ?

C’est marrant, mais cette question, je me la pose souvent et j’en suis arrivé à la conclusion que je n’avais pas de définition précise tant la fonction est vaste. Ca va de l’accompagnement de l’équipe à l’extérieur, qui est la charge la plus lourde, à la présence aux entraînements, les allers et retours à Paris pour aller chercher les US, les prises de rendez-vous pour les voitures des joueurs, les rendez-vous médicaux, les contacts avec l’équipementier, mais aussi le lavage des maillots, surmaillots, des serviettes, la présence lors des matchs à la maison, avec la mise à disposition des bouteilles, des serviettes, etc. On sort rincés après un match. Surtout en cette période très compliquée où il faut faire très attention avec l’aspect sanitaire.

Il vous faut aussi gérer l’impondérable…

Carrément. Et ça arrive souvent. Il peut y avoir des retards de train, d’avion. On peut aussi décider au dernier moment de partir en minibus. On peut aussi aller conduire des joueurs blessés en urgence à l’hôpital, etc.

Qui gère les transports ?

C’est Dom. Il a l’habitude et c’est compliqué.

Qui décide du mode de transport ?

Dom en discute avec le coach, qui lui-même en parle avec le capitaine. C’est Eric qui tranche.

Et des menus à l’extérieur ?

Là, ce n’est pas compliqué, c’est repas de sportif. Poulet ou poisson, légumes, pâtes…

Voyagez-vous dans de bonnes conditions ?

Eric a toujours tenu à mettre ses joueurs dans les meilleures conditions. C’est encore plus vrai depuis que l’on est en Pro A. Il est très exigeant, mais il a raison : la récupération est essentielle. Alors, oui, on descend dans des hôtels confortables. Mais pas des palaces non plus…

C’est copain-copain avec les joueurs ou plus compartimenté ?

Tout dépend du groupe. On a forcément plus d’affinités avec certains qu’avec d’autres. Je dirais que le plus important, c’est le respect mutuel. Pour moi, c’est fondamental. Nous faisons tout pour aider les gars et le staff, mais forcément, c’est bien mieux quand il y a du respect. Sinon…

Et avec le groupe de cette année alors ?

Eh bien justement, on prend beaucoup de plaisir cette année. J’ai tout de suite senti qu’il n’y avait pas de vedette dans ce groupe qui vit bien ensemble. J’ai même eu de l’aide pour porter les grosses valises dans le métro. C’est un signe.

La fonction implique la discrétion…

Bien sûr. Tout ce qui vient du groupe reste dans le groupe. Règle d’or et qui me semble tout à fait logique.

On sait qu’Eric est très exigeant avec lui-même et qu’il exige la même chose de ceux qui bossent avec lui. Comment avez-vous appris à gérer cette exigence ?

Le coach tend invariablement vers l’excellence. Au fil du temps, on connaît ses codes, ses exigences. Il faut que ça aille vite. Alors, on anticipe. Il a tellement d’expérience que ses conseils sont souvent très pertinents. De ce fait, nous avons nous aussi progressé dans la fonction. Je n’oserais surtout pas dire que nous sommes dans l’excellence, mais c’est vrai que l’on a nous aussi appris les ficelles du boulot. En tout cas, on le fait par passion.

L’aventure va donc encore durer…

A la maison, je ne dis pas, mais j’aimerais bien que la relève prenne le relais pour les déplacements. Plus le temps passe et plus ça devient difficile en termes de récupération. Tu pars trois jours, tu cours, tu pares au plus pressé si nécessaire. Crois-moi, quand tu reviens, t’es rincé.

Entretien : Philippe Cadart

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