Bientôt le 900e match officiel de coach Eric, l’enfant de Jallais, sur le banc

Dès l’âge de 16 ans, Eric Girard s’est pris de passion pour le poste d’entraîneur. Passion qui l’a fait commencer sur des terrains sommaires en extérieur, sous la pluie et même la neige, et l’a emmené jusqu’aux salles géantes et rutilantes de l’Euroligue. Cinq saisons à Cholet, deux et demie au Havre, quatre à Strasbourg, deux et demie à Limoges, et donc sous pavillon stelliste depuis mars 2012 pour assurer le maintien de l’ESSM en Pro B, puis l’emmener en Pro A et en Coupe d’Europe. 

Selon les dernières infos de la LNB, il devrait donc fêter la 900e sur le banc en qualité de Head Coach courant décembre (dates à déterminer). On se met à la mode des séries, très en vogue à la télé, en déclinant la carrière du mentor portelois en cinq volets. Mais là, c’est pas du cinoche…

CHOLET, Volet 1. Cinq saisons. Deux Coupe de France, l’Euroligue, la demi-finale de la Coupe Korac. Ostrowski, Rigaudeau, Marquis, Richardson…

Pourquoi est-il devenu entraîneur ? Dès l’adolescence (16-17ans), alors qu’il était lycéen et qu’il tapait à la porte des pros, Eric s’est pris de passion pour la fonction de coach. Qu’il pleuve ou qu’il vente, il enfourchait sa Mob pour aller entraîner des équipes dans le coin de Jallais. Il fallait aimer. Il aimait. Passionnément…

Les diplômes. Il a mené de front carrière professionnelle et cours pour devenir coach. Au niveau régional, puis l’obtention des Brevets d’Etat 1 et 2. 

Qui lui a inoculé le virus de la défense ? Un certain Tom Becker, 70 ans aujourd’hui), qui était l’un des US de Cholet et que coach Eric a pris comme premier assistant en Pro A. Personnage très attachant, Tom lui a transmis cette passion de la défense et cette culture de mixer les défenses, spécialité porteloise souvent mise en exergue par les coachs adverses. Bon, pas sur les deux dernières saisons…

Le pied à l’étrier au Cholet Basket via la formation et l’aval de Laurent Buffard. C’est Laurent Buffard, son ami, qui l’a fait revenir à Cholet alors qu’Eric était joueur de Pro B. Il est nommé responsable du centre de formation. Cholet connaît des fortunes diverses en championnat et M. Pasquier, le président, propriétaire des brioches Pitch, licencie Laurent Buffard deux ans après l’arrivée d’Eric. Le boss lui propose le poste. Qui refuse, car on ne trahit pas un ami qui t’as fait venir et on ne prend pas sa place, sauf si c’est ce dernier qui le demande. Hélas, mille fois hélas, ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Eric confirme : « Aujourd’hui, cette conception du métier et l’amitié n’ont plus du tout le même sens. Et c’est bien triste. » 

Cholet et le basket, centre du monde des Mauges. A l’époque, la ville et le département ne vivent que pour le basket, comme Limoges ou Villeurbanne, mais sans avoir leur budget. 

Michel Léger, Louis-Marie Pasquier, Jean-Michel Lambert, les monstres sacrés de Cholet. Ce sont les présidents qui ont énormément compté pour Eric. Il y eut d’abord le très fameux Michel Léger, qui a fait monter Cholet de la 3e division à l’élite et l’Europe. Pour beaucoup, Cholet, c’était Pitch Cholet Basket, avec un certain Louis-Marie Pasquier, des Brioches Pasquier, qui a beaucoup investi dans le club et fut un président très impliqué qui permit au CB de se professionnaliser. Ensuite, Eric a aussi côtoyé Jean-Michel Lambert, l’ex-PDG du groupe Nicollin. 

12 saisons dans la maison choletaise ! Eric a signé trois ans en qualité de responsable du centre de formation (espoirs et U18, deux titres de champion de France à la clé), puis assistant de Laurent Buffard. Il signe un an de contrat supplémentaire pour faire ses preuves en qualité de Head Coach…Il en fera finalement quatre, plus quatre avant cela en qualité de joueur. 4 (joueur) + 3 (assistant) + 5 (Head coach) = 12. Un fameux bail dans ses Mauges natales. 

Quel standing pour le CB ? Solide pensionnaire de Pro A, il jouait souvent les Play-Off. 

Le CB, filon en or massif. Meilleur centre de formation de France, le CB a sorti des stars du basket français et mondial. La liste suivante est édifiante : Nando De Colo, Rudy Gobert, Kevin Seraphin, Rodrigue Beaubois, Michael Gélébale, Antoine Rigaudeau. Et la dernière pépite vient de faire le buzz : Kylian Hayes, drafté en 7e position, la plus haute jamais enregistrée en France, a rejoint les Pistons de Detroit. Son papa, Deron, recruté en 2002 par Eric, a joué avec le CB en qualité de poste 3/4. Il épouse une Choletaise et est resté dans les Mauges. 

Pourquoi Tom Becker et Jacky Périgois en qualité d’adjoints ? Etre Head Coach est une chose, être bien entouré, une autre. Très jeune coach (33 ans), Eric choisit logiquement Tom Becker, très expérimenté et parlant anglais couramment. Il nomme aussi un certain Jacky Périgois en qualité de deuxième assistant. Jacky a été espoir du CB, puis assistant du centre de formation et coach des U18. Comme le CB joue l’Europe, il faut un deuxième assistant. Le choix de Jacky s’impose tout naturellement.

Il valait quoi le CB de coach Eric ? Cholet disposait d’un bon budget et avait sous contrat des « gros » calibres de l’Elite : Stéphane Ostrowski, Cédric Miller, l’ex-Somiste et Gravelinois, Paul Fortier, Michael Ray Richarson, gros joueur de NBA, mais aussi un fameux lot de pépites : Antoines Rigaudeau, Aymeric Jeanneau, Claude Marquis, etc. 

Cholet jouait invariablement le haut de tableau. 

Qui dominait à cette époque la Pro A ? Limoges, Pau, Monaco, Antibes…

Deux Coupes de France, sinon rien. Sous la coupe du coach, le CB prend goût pour la Coupe de France. La gagne deux fois de suite à Bercy, face à Levallois (1997) et Strasbourg (1998), jouera les Play-Off quatre fois sur cinq. 

Comment le CB accède-t-il à l’Euroligue ? Les critères n’étaient pas les mêmes à l’époque. Cholet est donc qualifié pour la plus prestigieuse des Coupes d’Europe à la faveur d’une troisième place. Hélas, pour cette grande première dans les Mauges, le CB n’a ni le budget, ni l’ambition de bien y figurer. Les Choletais jouent dans « l’esprit Pierre de Coubertin », ce qui, vous l’imaginez aisément, n’est pas vraiment du goût du mentor…

Le « Pana » à la trappe…Malgré cela, Cholet réalise le coup de force de battre à la maison le Pana de la star Bodiroga, avec un certain Sacha Obradovic sur le banc. Quelque chose, non ? 

Cholet se frotte aux super grands d’Europe : Réal de Madrid, Barcelone, CSK Moscou…

Le tremplin pour la NBA. Cholet défie donc des stars qui traverseront l’Atlantique grâce à leurs folles campagnes européennes : Kirilenko, Navarro, le bouillant espagnol, Bodiroga, etc

Un fidèle de la Coupe Korac. Le Cholet Basket joue chaque saison la Coupe d’Europe : la Korac, la Saporta, l’Euroligue (une fois). En Korac, les Choletais échouent en demi-finale, éliminés sur deux points en aller et retour contre l’Etoile rouge de Belgrade, l’une des perles du très fameux basket « yougo ». Cholet perd de -17 là-bas, gagne de + 15 chez lui. Ambiance garantie…Bizarrement, il y a une coupure d’eau à la fin du shooting le jour du match. Au retour à l’hôtel, l’eau, ô miracle, est revenue…

LE joueur de sa carrière. Coach Eric ne peut pas trancher. Au rayon des Français, c’est incontestablement Antoine Rigaudeau, « un pur génie » qui décroche la timbale. Meneur de 2 mètres et pur choletais, la grande classe et un talent exceptionnel. Côté US, Michael Ray Richardson est au-dessus. Star de NBA, 4e choix de la Draft en 1978, pur génie balle en main, le prodige des Knicks est radié de la Ligue US pour goût prononcé pour les substances planantes. Il débarque en France à Antibes, puis à Cholet. Il a 40 ans… Il vient remplacer Skeeter Henry, qui a eu un accident de la route …en rentrant de boîte de nuit. Il a les deux poignets cassés !

THE victoire. Forcément, en 5 ans de présence au CB, il y en a eu beaucoup. Mais c’est sans-doute le première trophée en Coupe de France, remporté devant 10 000 personnes à Bercy, qui reste le plus gravé en mémoire. Pour lancer la carrière d’un très jeune Head coach, quoi de mieux ?…

LA grosse claque. Il y en a eu aussi, bien sûr. Eric se souvient de la gifle magistrale prise à Milan en Euroligue. -30, ça pique très fort…

L’HOMME…Entre joueurs, assistants, présidents, kinés, toubibs, bénévoles, c’est …Tom Becker qui reste tout en haut de la pile des souvenirs. Fort de sa grosse expérience US, il a inculqué une autre culture et un basket différent. A noter que ce choix s’impose pour la période choletaise.

 Au global de sa carrière, Jacky Périgois est et restera le personnage qui aura partagé autour du rectangle le plus d’adrénaline au côté de coach Eric. Nous y reviendrons. 

PHILIPPE CADART

Légende de la photo. Coach Eric, au centre, en compagnie de Tom Becker (gauche) et Jacky Périgois. Mais aussi : 

 Le n°7 : Régis Boissié, coach actuel des Espoirs de CB.

À Droite : le Président Jean-Michel Lambert

Le 15 : Cédric Miller ; le 13 : un des meilleurs US de l’époque, Paul Fortier (Le Mans, Paris, CB…)

Le 9 : Stéphane Ostrowski

Le 4 : Sketter Henri, le fameux joueur accidenté en sortie de boite !!! 

Le 12 : Cyril Akpomedah, lancé aussi à cette époque (espoir-pro)

Et le 6 : Aymeric Jeanneau qui, lancé dans le grand bain, deviendra le fidèle lieutenant d’Eric au CB, Le Havre et Strasbourg. Sans-doute le joueur ayant gagné le plus de titres entre sa carrière pro et de jeunes. Il est aujourd’hui manager général de La Rochelle en NM1. 

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