Le Carnet de bord du Captain : Charly et ses drôles de fans

A défaut de pouvoir ouvrir le livre de la saison de championnat, on va ouvrir l’album à souvenirs. Un album que nous allons feuilleter avec une figure emblématique, un joueur à l’âme et au grand cœur : notre barbe à poux, notre viking, notre bûcheron du Kazakhstan… Charles-Henri Bronchard. Authenticité, droiture, lucidité, humanité, … des traits qui caractérisent le bonhomme et qui rejaillissent dans cette interview. Un pied, cet échange avec Charles-Henri !

Salut Captain Charly, heureux de te retrouver. Avant tout, comment vas-tu ?

Bonjour Captain et bonjour à tous les gens du Portel ! Je vais très bien je te remercie, en pleine préparation de la saison et en pleine Leaders Cup !

Tu vas vivre une sixième saison consécutive avec Vichy-Clermont, une équipe qui sera un mix d’expérience et de jeunesse composée de tauliers comme David Denave et toi-même qui guiderez un effectif de jeunes joueurs dont en particulier Samir (Gbetkom). Comment te projettes-tu, toi et ton équipe dans cette saison à venir ?

J’entame en effet ma 6ème année à Vichy-Clermont Métropole. Je m’y sens vraiment très bien.  J’évolue au sein d’un groupe, d’une équipe que j’aime beaucoup : 4 tauliers de la pro B avec Koné, Denave, Ceci Diop et moi-même. A cela se greffent de nouveaux joueurs qui sont une bouffée d’oxygène à l’image de Samir. Pour parler de ce dernier, je comprends pourquoi il était aimé au Portel et qu’Eric l’appréciait beaucoup : un joueur talentueux, intelligent, à l’écoute et rempli de respect. Cela me fait très plaisir d’avoir un jeune joueur plein de talent avec la tête sur les épaules. Il va nous apporter.

J’espère faire une belle saison, et j’ai faim car notamment frustré de ne pas avoir pu finir la saison précédente. On se projette avec ambition, coach Vizade a construit une équipe solide physique et intelligente dans le jeu. Je suis heureux.

Lorsque tu as signé au Portel, tu es venu pour relever un challenge sportif. Au-delà de cette aventure sportive, ta signature à l’ESSM, est aussi une rencontre et une aventure humaine avec un public portelois qui t’a aussitôt adopté.

Tu connais en effet ta côte d’amour et d’affection chez les supporters de l’ESSM. T’attendais-tu à vivre, à partager une rencontre d’une telle intensité avec ce public ?

Quand j’ai signé au Portel, je sortais de Rouen et d’une saison terne humainement et dans le relationnel. Sachant que la passion et l’aventure humaine sont mes carburants, j’imaginais que le Portel serait la bonne direction pour moi… et je n’ai pas été déçu !  Dès les premiers instants j’ai tout donné aux entraînements, en match et après les matchs dans la gestion du groupe avec coach Eric. Et ça, je pense que le public portelois a accroché tout de suite. J’ai aimé ce rapport fort avec le peuple portelois. Voir des gens de tout horizon, de toute classe sociale venir au match et ne faire qu’un, ça m’a touché ! Pour moi c’était une passion de jouer au Portel et un devoir de tout donner pour le club, pour le staff et pour les supporters. C’était normal pour moi.

Qu’est ce qui fait, selon toi, de l’ESSM un club si particulier ?

L’ESSM est une place forte du basket. Coach Eric a bouleversé beaucoup de choses pour amener le club au plus haut. Fort public, nouvelle salle, tous les ingrédients d’une montée en Jeep Elite et j’espère que le club va à nouveau s’y maintenir.

On oppose souvent et malheureusement le basket des champs et des villes ; les supporters que nous-sommes ressentons d’ailleurs une espèce d’indifférence voire de mépris pour les petits clubs tels que le nôtre. Pour toi joueur, qu’apporte justement un club comme l’ESSM à l’élite du basket national qu’est la Jeep Elite ?

Peu importe le regard complaisant ou rempli de préjugés des autres. Ma philosophie de vie est : «  Tu dois rester toi-même » . Le Portel dans son ensemble amène ce vent d’authenticité dans le basket Jeep Elite français si formaté, si terne. J’ai aimé la simplicité du club quand j’y ai joué. La modestie est parfois hypocrite mais l’authenticité et la simplicité, tu ne l’inventes pas et le club dispose de ces valeurs fortes.

Allez Captain, on tourne ensemble l’album à souvenirs …

… Tu as connu de magnifiques moments avec l’ESSM. Quelle est l’émotion, le moment le plus fort que tu as vécu à l’ESSM ? Et Quelle est ou quelles sont les images qui te restent en tête ?

J’ai connu des moments forts, très forts au Portel.Des victoires au buzzer où je marque à Fos sur mer dès la deuxième journée, mon 3 pts au buzzer à Saint Quentin sur une belle extra passe de Wojcie et l’émotion de Pascal Jullien derrière. Des moments forts aussi avec le staff que je n’oublierai jamais, Fred Munch, François Sence. Et bien sûr, l’émotion avec la victoire à Calais dans le derby boulonnais sur un panier au buzzer de Ronneie et tous les fans ensemble sur le terrain… moment magique !

Ensuite… et je pèse mes mots… J’ai aimé ma relation avec Eric Girard. On a appris à se connaître parfois en s’engeulant car on a deux forts caractères. Je lui ai tout donné : en énergie, en jeu basket ,en sincérité sur et en dehors du parquet et j’ai essayé d’être le meilleur capitaine possible en étant parfois doux et parfois ferme avec des joueurs qui ne comprenaient pas l’importance du respect du maillot ou du club.

… Et le moment éventuel le plus compliqué ?

Le moment le plus compliqué fut d’apprendre la maladie du coach et sa souffrance. Et l’autre moment fut de partir du Portel, je ne pouvais pas refuser la Jeep élite (Pau Orthez), c’était déchirant pour moi.

Pour revenir sur Eric, des moments pénibles partagés avec lui sur sa maladie et surtout dans le secret de sa maladie que personne ne connaissait ; il m’a aidé dans l’ombre en me soutenant lors d’événements que je qualifierais de tragique pour moi, c’était…..fort et plein d’humanité. Ma femme et moi n’oublierons jamais je pense.

Après une carrière qui a débuté à 19 ans en 2001 en National 1 à Prissé-Mâcon, tu as très rapidement intégré le basket pro et à 38 ans, tu t’engages pour ta 16ème saison en professionnel. C’est quoi ton secret de longévité ? Dans quel chaudron es-tu tombé ?

Le secret de longévité… Je suis un passionné, j’aime… je kiffe le basket, la discipline du basket dans son ensemble ! Je pense aussi respecter la discipline et cela m’a rendu plus fort sur le long terme. Mon hygiène de vie, mon mental de pitbull qui dès l’âge de 20 ans a compris que l’os que je rongeais personne n’allait me le retirer. Puis mes enfants et mon épouse sont ma motivation; quand ça ne va pas, je me bats aussi pour eux. Je veux qu’ils aient l’image d’un père vaillant… un viking quoi !

Penses-tu, voire même prépares-tu ta carrière d’après joueur ? Comment se vit pour un joueur de haut niveau son après carrière de sportif.

J’ai toujours pensé à mon après carrière. Dès l’âge de 22 ans, alors que je jouais en N1, j’ai commencé mes formations d’entraîneur. J’espère coacher très vite, former, inculquer les valeurs qui sont mes piliers dans la vie : travail, respect, mental et passion.

Ma question n’est pas innocente car quand on connait le bonhomme, le joueur, on t’imagine de suite avec des responsabilités dans un club, dans un staff. Lors de ta signature en Pro A à Pau Orthez, le coach Claude Bergeaud déclarait sur le site du club « Charles-HenrI est un équipier modèle qui a su devenir un excellent capitaine au Portel. Il fait partie de ces gars qui solidarisent une équipe, pas seulement dans le vestiaire, mais en tant qu’exemple dans l’engagement. C’est aux côtés de joueurs comme lui que nous souhaitons voir évoluer les jeunes de notre centre de formation. Ceux-ci vont avoir des exemples à suivre. »

Nous sommes en effet nombreux à parfaitement t’imaginer dans le staff d’une équipe … et notamment dans un club comme le nôtre, qui, à son niveau et au regard de son histoire a besoin de compter dans ses rangs des anciens joueurs dont le comportement et l’exemplarité sur et en dehors du parquet incarnent et relaient les valeurs du club et du sport de haut niveau. Tous les courants mènent au Portel …  « Inch’Allah ».

As-tu un message à faire passer au club, ex-coéquipiers et supporters ?

A très vite qui sait ! Le monde est gigantesque mais le Drakar des vikings est rapide lol. Je salue tout le monde au Portel : staff, dirigeants, supporters, ex-coéquipiers Wojcie, Ben. Merci Captain de m’avoir contacté pour cet article. C’est une grande fierté et joie que le club me considère comme quelqu’un qui a marqué le club avec d’autres bien sûr.

On t’embrasse Captain Charly et passe la bise à Samir et Mohamed Kone;  on te souhaite à toi et à l’équipe de Vichy Clermont la meilleure des saisons possible !

Entretien : Captain Achab

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