L’énergie du Chaudron bouillant manque cruellement à Big Man Georgi…

Des vestiaires, il en a fréquentés. Des ambiances, il en reniflées. Des belles. Des moins belles. Avec des bons mecs, tournés vers le même projet. Avec des faisans, concernés par leur seul porte-monnaie. Toujours pas prêt à raccrocher ses grandes targettes au clou, Georgi Joseph se plaît super bien au Portel, le 14e club de sa superbe carrière. Mais il ne se fait pas à l’idée de batailler dans ce Chaudron qui sonne le creux, ce Chaudron qui avait forcément participé à sa volonté de signer à l’ESSM.

Georgi, avant d’évoquer tes souvenirs de Monaco, parlons de cette saison très compliquée à vivre. Comment la vis-tu du haut de tes 38 printemps, de tes quinze années passées sur les parquets français ?

Ce n’est pas cette saison compliquée par la COVID qui me prend la tête. On est pros, on s’adapte. Non, c’est vraiment d’être venu au Portel pour la formidable ambiance du Chaudron et de ne pas pouvoir sentir sa folle énergie. Je me souviens quand j’étais venu avec Aix-Maurienne, en Pro B, j’étais fou de voir l’ambiance qui régnait dans la salle, le soutien des supporters. Et là, je signe au Portel et je n’ai pas droit au Chaudron.

Qu’est-ce qui t’avais marqué ?

Tout. L’ambiance, la fanfare, les cris, les chants. Ca porte, ça supporte. Il nous manque ça tu vois. Les matchs qu’on perd contre Dijon ou qu’on gagne difficilement contre Reims, Orléans ou Nanterre, ça aurait différent avec le soutien des fans, qui mériteraient tant de vivre les victoires avec nous après les années difficiles qu’ils viennent de passer.

Ca semble mal barré quand même pour le retour du public dans les salles…

Nous, on a gardé ça au fond de nous. Les gens comment à se rebeller, les restaurateurs, les entreprises qui souffrent terriblement. Tout ça à cause d’une crise sanitaire mal gérée. J’espère très sincèrement qu’il y aura moins de malades, moins de cas graves grâce au vaccin, au port du masque. En tout cas, j’espère qu’on pourra rejouer devant notre public.

Comment te sens-tu au Portel ?

Ah je me sens bien, très bien. Il me manque juste l’énergie de la salle. J’ai été très bien accueilli, je suis bien logé. Tout va très bien à part ces salles vides.

Et le fait de jouer français, ça contribue à ton épanouissement ? 

Je ne suis pas focalisé sur la notion de style français. Moi je crois au groupe qui est solidaire. Je ne pense que ce soit foncièrement une question de Français. Le coach a très bien recruté et du coup ça fonctionne bien. Les gens se connaissent. Et puis il y a une histoire derrière. Il y a des revanchards, des gars qui ont faim. Comme Medhy par exemple, qui veut prouver à tout le monde qu’il a le talent pour percer dans cette Jeep élite. Pareil pour Charles-Noé, qui est ravi d’avoir sa chance ici. Il a le talent mais n’a jamais eu sa chance. Et pour Mikyle aussi, qui sait qu’il a le talent pour évoluer au plus haut niveau mais qui n’a jamais pu le faire. Ou encore Mike qui a été mis de côté à cause de pépins physiques mais qui a le niveau. Je pense que c’est ce qui a fait défaut au club pendant quelques années. Tout ce qu’il y avait, c’étaient des mecs qui voulaient prendre l’argent. Et basta.

T’as beaucoup connu ça dans ta carrière ?

Oui, forcément. Tu le vois vite, tu le sens très vite. Là, tu vois bien que les gars sont concernés. A tous les niveaux.

Ca t’agace ?

Agace, non. Ca te donne encore plus envie de te défoncer car on connaît l’histoire des uns et des autres. On sait d’où on vient, où on veut arriver, alors on se donne tous.

As-tu encore des contacts avec Monaco ?

Ah ben oui, tous les jours. J’ai gardé beaucoup de contacts. On s’appelle, on se chambre. Dee Bost, c’est un très bon ami. Je parle aussi avec le GM. On avait la même solidarité qu’au Portel, mais on n’a pas su conclure sur un titre de champion de France.  On avait vraiment un groupe soudé, sur et en dehors du terrain. Ca bossait très dur mais on n’a pas su concrétiser pour glaner le titre. On avait un groupe très solidaire, comme ici, mais avec beaucoup plus de moyens, de talents.

Au niveau public, ce n’est pas pareil quand même…

Pas pareil, mais il ne faut pas croire que Monaco prêche dans le désert. Il y a un vrai groupe de fidèles qui pousse, qui suit. Il y a une vraie base de supporters. Et puis Monaco n’est pas un jeune club. Il a fait de belles choses dans le championnat français. Les gens le mettent à part parce que c’est Monaco mais il ne faut pas oublier ce qu’ils ont fait dans le basket français et en Europe. Il y a une belle ambiance. C’est compliqué là-bas parce que le business est omniprésent. Les gens ne peuvent pas toujours venir à la salle.

Et vivre à Monaco ?

C’est hyper sécurisé. C’est super pour la famille, les gens que tu aimes. J’ai gardé un très mauvais souvenir du vol de ma moto quand j’étais à Orléans. Là-bas, tu peux laisser les clés sur la bécane…Moi, je vivais à Beau-Soleil, parce qu’un logement à Monaco, laisse tomber…

Content d’y retourner ?

Carrément. Je suis toujours content. L’an dernier, j’ai raté avec Paris à cause d’une blessure. Là, je suis heureux d’y aller, mais il n’y aura malheureusement pas de public. J’ai toujours aimé retourner dans les clubs avec lesquels j’ai joué. T’as envie de te montrer, de faire honneur à ton passage. Là, on s’est charriés avec les potes sur les réseaux. C’est super de les revoir.

Entretien : Philippe Cadart

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